|
Le poker doit parfois faire face à ses vieux démons. Chaque jour, malgré le professionalisme des équipes des World Series, des plaintes plus ou moins étouffées parviennent aux oreilles du public. Andy Bloch, deuxième du tournoi H.O.R.S.E. (derrière Chipp Reese), en a fait les frais : il a remarqué que plusieurs cartes étaient "marquées" (souvent un simple coin corné) pendant les tournois, et permettaient aux joueurs de pouvoir lire les cartes des adversaires. Si ces "marques" sont sûrement involontaires (les jeux, plastiques, sont facilement endommageables), elles peuvent pourtant consister un bon moyen de tricher pour certains. Andy a déchiré une telle carte, afin de souligner le problème. Il a écopé de 10 minutes de pénalité, sous les applaudissements de la plupart des joueurs. Les couloirs bruissent d'autres anecdotes : un joueur internet, pourtant aguerri aux tournois, se serait fait "voler" quelques centaines de jetons, lors d'un coup, par une idole du poker ; des mains baladeuses traîneraient lors des pauses pour tenter de voler quelques jetons, malgré la vigilance des croupiers. Les enjeux financiers sont tels que les tentatives de triches sont inévitables, et malgré tous les efforts des organisateurs, gérer plus de 2000 joueurs en permanence relève du défi. Il faut dire qu'un bracelet, parfois, est symboliquement si fort que la tentation est forte. Chacun à leur façon, Joe Hachem et Phil Helmuth ont démontré tout l'esprit du jeu qu'ils possédaient : même si pour chacun un bracelet valait dix ou cent fois plus que le prix de la première place, ils ont joué leur chance jusqu'au bout, sans travestissement, et ont malheureusement fini deuxième des tournois. Comme l'a dit lui-même Phil Helmuth, à l'issue de sa table finale : "J'aurais été prêt à payer dix fois la somme du gagnant pour avoir le bracelet, mais le poker, ce n'est pas cela, cela se joue uniquement entre les joueurs et les cartes." Poker has to face its old demons, from times to times. Each day, despite the high-professional profile of the World Series teams, some complaints have emerged. Andy Bloch, who has just made second at H.O.R.S.E. tournament (Chipp Reese won it), has experienced it : he had seen that some of the cards which were played had some marks on them, thus allowing some competitors to know the hands of the other players. Even if these cards had been probably un-willingly marked (the plastic cards can easily appear as worn), it can still be a good way to cheat. Andy thus decided to scratch one of these cards, asking for another deck. He was fired from the room for 10 minutes, as a penalty, but was heavily applauded by his fellow-players when leaving. Some other cheats seem to still appear : a heavily trained internet player told about him "losing" hundred chips in a hand with an old poker idole ; some chips strangely disappear during the pauses, despite the dealers attention not avoid these frauds. The financial issues are so hot that it's quite human to find these kind of problems in contemporary poker. It must be underlined that poker has never been so clean and cheats are really a very small percentage of it. It's also very difficult to master more than 2000 players and the public each day, 24h/7... Getting a bracelet is even more important than getting the money, for champions. Joe Hachem and Phil Helmuth have both shown the world how sincere their play was, when they ended on 2nd of a tournament. For both of them, the bracelet was a lot more important the prize-money itself. But as Helmuth underlined after his finale table : "I'd have paid ten times the prize money to have this bracelet, but that's not what poker is. Poker is a game between players and the cards, not anything else." |